Black Lives Matter : le paradoxe de la non-violence.

Été 2020, de l’autre côté du pacifique, le mouvement Black Lives Matter gronde, ravivé après la mort d’hommes et femmes afro-américains lors de leur attestation par des policiers blancs. La lutte pour la liberté, la tolérance et la justice monte en puissance avec de grands rassemblements aux Etats-Unis puis dans le monde. Relayé sur les réseaux sociaux, la marche pacifique aspire à transformer le sentiment de haine qui stimule le clivage entre les communautés noires et la police en une action de solidarité.

Paradoxalement, la révolution prônée pacifique entraîne malgré elle de violentes émeutes. Les manifestants, animés par la colère et l’injustice se rebellent et la police, lynchée, réprime. À de nombreuses reprises, l’Homme a manifesté sa volonté par le biais de rébellions collectives ou personnelles. Ce sentiment d’indignation et de réprobation a conduit bien souvent les peuples à opter pour un comportement violent face aux autorités supérieures. Néanmoins, certains passages de l’histoire soulignent la résistance morale de nations face à un régime ferme et puissant. La non-coopération non-violente c’est-à-dire la désobéissance civile, le renoncement mais sans ignorer ses propres convictions qui doivent être exprimées dans un but démocratique et non personnel.

Un régime violent, est un régime qui se sert de la peur, de l’oppression et de la brutalité pour se faire obéir par son peuple. Utiliser ces outils est une preuve de faiblesse. Ce sont des mesures sans modération. Une fois que l’on a dépassé ces frontières, on ne peut effacer les excès. C’est donc dans un souffle de détresse que le régime continue à oppresser un peuple trop résistant. Les forces de police n’ont plus d’autres solutions que la violence car la persévérance morale fait peur. Cependant, la violence peut être vue comme un moyen de défense. Combien de fois l’Homme a-t-il eu recourt à la violence afin de se sauver ou de protéger les siens. Lors de guerres de territoires, la sauvegarde d’un empire passe par une protection, un barrage pour garder sa souveraineté. Au fond, la violence va de pair avec le pouvoir.

Dans la même optique, la peur de l’autre engendre la violence. Quand on ne connaît pas la personne en face de nous, on ne peut anticiper ses réactions. Une autre culture, un milieu social différent, dès qu’un être humain en rencontre un autre, les aprioris tombent et la violence devient un moyen d’auto-défense. Utiliser la violence c’est avoir plus confiance en elle qu’en nous-même. L’ultime faiblesse de la violence est qu’elle engendre la même chose qu’elle a cherché à détruire, elle peut tuer les révolutionnaires mais ne peut tuer la révolution.

Le principe de non-violence ne veut pas dire rester oisif devant les injustices mais au contraire faire preuve de résistance morale passive. C’est-à-dire, prendre sur soi en acceptant de supporter les souffrances qui peuvent en résulter. C’est faire usage de la force de l’âme plutôt que celle du corps qui prendrait la forme de la violence. Nombreux sont ceux qui luttent pour mettre fin à la violence sanctionnée par l’État, libérer les Noirs et mettre fin à jamais à la suprématie blanche. Déterminés, ces personnes font avant tout preuve de courage. Ils refusent de se laisser dicter leur faits et gestes par la peur. Accéder à la liberté et à une vie humaine digne ne peut se réaliser qu’en se libérant du pouvoir de la peur.

Les Hommes qui parviennent à s’en détacher sont ceux qui ont surpassé la forme perfide de la peur, celle qui blâme tous les actes de courage jugés imprudents. La peur n’est pas l’état naturel des hommes civilisés au contraire, elle se manifeste quand le système dans lequel il vit nie l’existence des droits humains fondamentaux. C’est donc un moyen de défense face au plus fort.

La non-violence est avant tout une attitude, la résistance morale est la plus grande force de chacun des individus sur cette terre et c’est aussi une liberté universelle. En supportant le mouvement Black Lives Matter, en le partageant, en s’indignant et en se levant contre les injustices faites aux des personnes Noires, c’est toute une génération qui insuffle le changement et fait progresser les mentalités.

Sources des notions sur la paix par la non-violence :

AUNG SAN SUU KYI, Une révolution de conscience.

GANGHI, Tous les hommes sont frères.

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